Dans le Nord-est du pacifique, entre la Californie et Hawaï, les déchets produits par les activités humaines et déversés dans les océans seraient acheminés par les courants marins vers un nouveau "continent"* boulimique dont la taille atteint près de 3,5 millions de km² !
Selon des observations et un suivi effectués depuis plus de 10 ans par l'Algalita Marine Research Foundation, sous l'effet des courants marins, les déchets provenant des littoraux et des navires flottent pendant des années avant de s'accumuler dans deux larges zones connues sous les noms de "Plaque de déchets du Pacifique est" (Eastern Pacific Garbage Patches) et "Plaque de déchets du Pacifique ouest" (Western Pacific Garbage Patches). Ces deux plaques forment la "Grande plaque de déchets du Pacifique" (Great Pacific Garbage Patch), un monstre dont la taille aurait déjà triplé depuis les années 90 et qui s'étendrait maintenant sur 3,43 millions de km², soit un tiers de la superficie de l'Europe ! Il est estimé que ce "continent" de déchets totalise un poids de 3,5 millions de tonnes pour plus de 3,3 millions de déchets par km² ; Greenpeace évoquait fin 2006 près d'un million de déchets par km² dans son rapport sur les débris plastiques et la pollution des océans.
Les PCB et les métaux lourds sont encore plus toxiques. Ces substances peuvent contaminer chaque maillon de la chaîne alimentaire marine. Les PCB sont particulièrement concentrés dans les eaux Arctique et s'installent durablement dans les tissus des poissons et des mammifères (phoques, baleines, orques, ours polaires). A forte dose, les PCB peuvent entraîner - y compris chez l'homme - des cancers, une baisse des défenses immunitaires, affecter le cerveau, les yeux, le coeur, les reins, le foie, la thyroïde, le système reproducteur, etc. Quant aux métaux lourds - plomb, mercure, cadmium, cuivre, arsenic, etc -, leur toxicité est encore plus dangereuse car ils s'attaquent notamment au système nerveux et peuvent provoquer des cancers ou des malformations congénitales d'autant qu'à faibles doses distribuées dans le temps on ignore les effets toxiques de ces substances sur la faune marine. Dans le cadre du développement durable, les principe de précaution et de "pollueur-payeur" doivent donc être appliqués avec rigueur au risque de voir la chaine alimentaire marine polluée et nous affecter un jour ou l'autre, si pas demain, dans plusieurs générations. Ce jour là il sera trop tard pour se demander qui a provoqué cette pollution, ces cancers et ces éventuelles malformations...
sur cette image le corps d ' un oiseaux aillant manger des bouchons